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lundi 16 février 2009

Joy Division - Grant Gee



Mieux que de voir un groupe en concert, je crois que le plus intéréssant c'est de le voir au cinéma. Control m'avait totalement convaincue de l'importance d'un groupe comme Joy Division. Je n'ai pourtant jamais trop aimé Joy Division et j'en souffrais : trop sombre, trop masculin pas assez d'espoir juvénile comme on peut en trouver chez New Order. Closer était d'une tristesse telle qu'elle ne me parlait pas du tout. Par contre, jouée en live, même par un mannequin qui fait maintenant des pubs pour Burberry, il me semblait que la musique retrouvait son contexte d'origine, le seul contexte digne d'elle. Le cinéma qui filme un concert : la caméra guider ton regard : gros plan sur le visage du chanteur, gros plan sur les doigts du guitariste, bien calé dans ton fauteuil, elle t'offre le meilleur d'une prestation, ne conserve que le sensationnel et en décolle l'inutile.. Le rock a inventé ce qu'on appelle l'attitude, ce qu'aujourd'hui reprend la pub. Pub Ray-Ban.
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L'histoire du groupe est en soi peu intéréssante. La chose est facile à constater : si Ian Curtis ne se serait pas suicidé il n'y aurait eu ni de Control ni de Joy Division le documentaire, et encore moins de New Order. Le début du documentaire se passe plutôt bien malgré cette sale manie d'essayer de lire à la lumière de son suicide tout les faits et gestes de Ian Curtis, comme si son suicide précédait son oeuvre, pour paraphraser Cioran.
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Si le New York Times parle du "documentaire le plus élégant", ou quelque chose de la sorte c'est parce que Joy Division est le groupe le plus élégant du monde, du Hedi Slimane, bien avant l'heure, bien intentionné et très bon marché. Ian Curtis et ses chemises bien fermées, bien rentrées dans son pantalon, son corps qu'on imagine blanc et dur et sec. Quelque chose se fait sans qu'ils s'en aperçoivent, une musique et un style s'imposent en toute innocence. Ils le disent eux-mêmes "on ne savait pas du tout ce qu'on faisait, peut-être que Ian le savait, on ne le saura jamais". Les choses les plus marquantes se font toujours de cette manière-là, de manière innocente.

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La fin du documentaire consiste en plusieurs vues du Manchester actuel, presque un film promotionnel. Une ville qui semble avoir perdu encore plus de ses charmes quand elle n'est pas filmée par une caméra des années 70 : l'image doucement grésillante qui donne un charme à n'importe quelle ville de briques et d'ouvriers.
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La pochette de Closer s'est choisie un peu au hasard : Peter Saville ouvre un beau livre d'art, le groupe choisit une image, cela rend la pochette encore plus médiocre qu'elle ne l'était.
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Avec Joy Division on entre dans l'ère des groupes où l'image précède la musique. D'abord malgré eux puis peu à peu cet ordre des choses devient comme un parti pris. Pour certains, être dans un groupe suffirait, peu importe s'il produit de la musique ou non.

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Le type a raison, Love will tear us apart est une des plus belles chansons du 20ème siècle.
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Des choses intéréssantes sont dites sur le nom du groupe. Un mec raconte que Joy division résume tout du groupe, révèle son identité, sa musique, son état d'esprit, à la manière de "Roxy Music". L'importance du choix d'un nom de groupe.

mercredi 19 novembre 2008

couleur soupe au potiron


The mysterious production of eggs est sorti en 2004.
J'allais tout les dimanches soirs à la Fnac des Champs-Elysées pour écouter la première chanson de l'album qui est longtemps resté sur les bornes d'écoute et puis il a bien fallu que je me résolve à l'acheter, 18€. J'ai beaucoup de souvenirs avec cet album, je me souviens d'avoir attendu très très tôt devant la Cigale le jour du concert, un mec était venu me demander ce qui se jouait ce soir, ensuite il m'a demandé mon âge, j'ai dit "13 ans", il m'a sourit, il est parti.
J'étais seule, je portais un pantalon en velours marron et une chemise en mousseline de soie, mes lunettes toutes rondes à cause du soleil, j'avais un look bizarre mais je ne l'étais pas spécialement.
La fosse avait été recouverte de sièges et Andrew Bird jouait du violon, il avait annoncé son titre "a nervous tic motion of the head to the left " en français et dont la traduction m'échappe aujourd'hui, il avait aussi repris une chanson de Dominique A.
Ma mère était venue me chercher et je n'avais pas d'argent pour m'acheter le t-shirt, elle ne voulait pas m'avancer, prétextant que je ne savais pas gérer mon argent et que ça m'apprendra. Dur.
Je me souviens aussi d'avoir attendu dans la voiture devant un Buffalo Grill en écoutant Masterfade et en regardant des arbres défeuillés. Je n'ai jamais ressenti le besoin d'écouter un autre album d'Andrew Bird, "The mysterious production of eggs" est la chose la plus belle qui soit, un album que j'aime comme une personne et qui me rappelle cette période si spéciale de mes 13-15 ans ou j'ai le sentiment d'un désert de solitude parsemé ça et là de quelques albums et de quelques livres, Andrew Bird est là avec sa pochette bizarre, incompréhensible, un peu benête, couleur soupe au potiron, il est avec le premier album des Clap Your Hands Say Yeah mon album à la pochette orange préféré. Je ne pense pas que cet album s'écoute à un autre moment qu'en automne ou alors si mais ce serait ne pas tout comprendre de sa musique. Cet album n'est compréhensible qu'avec le froid et ce n'est pas bien compliqué de se laisser bouleverser par ses mélodies audacieuses et sa joie simple en carton pâte. Le lecteur de ce blog ne saurait y échapper.
Andrew Bird - Sovay
Andrew Bird - The nervous tic motion of the head to the left

Andrew Bird - Masterfade




dimanche 19 octobre 2008

Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon ou comment j'ai réinventé la critique musicale un dimanche matin



J'ai reçu plusieurs courriers à la rédaction qui posaient toute la même question :
"Qu'écouterons-nous cet automne chère Murielle?". Oui bien sûr c'est faux, ma rédaction se limite à mon lit et aux lits des autres occupés et puis qui aurait besoin de moi en matière de musique? En tout cas, si je peux vous aider dans la quête du CD parfait je peux vous conseiller un CD auquel il faudra vous méfier.
Le groupe s'appelle Get Well Soon, en fait il s'agit d'un petit mec, berlinois, et si je ne m'abuse il possède l'autocollant promotionnel le plus chargé du moment,
Les Inrocks disent de lui "Comme si Thom Yorke chantait chez Beirut avec Arcade Fire et Eno à la production"
Et Volume, qui je le rappelle et le nouveau magazine exclusivement musical des Inrocks... "la grandeur détraquée de Radiohead, les espaces infinis de Morricone, l'outrance de Scott Walker..."
Get Well Soon est donc tout sauf lui-même, c'est un peu comme dire de Faïza Guène qu'elle est "la Sagan des banlieues", formule qui a l'avantage de parler à tout le monde.

Au premier abord le CD est plutôt joli, deux personnages se font un calin sur fond de tapisserie de mémé, artwork très proche du premier Arcade Fire. Les titres des chansons sont longs, ce qui est la preuve de chansons très étudiées un peu prise de tête, d'un univers bien à lui, compliqué, cérébral, peut-être même aux frontières de la folie. Mmh bien.
Le CD est bleu canard, c'est sympa, il faut le sortir de la boîte et le poser sur la platine comme on mettrait une pizza au four. Plusieurs écoutes sont à prévoir afin de faire plus ample connaissance avec l'univers si personnel de Get Well Soon.
Pour le détail des chanson, j'ai mis en place une méthode de classement brevetée pour éviter tout discours superflu, à vous de me dire si ça vous va


On en déduira qu'une grosse partie de l'album est a laisser tomber et j'ai toujours eu du mal à pardonner les morceaux en trop dans un album, ça fait genre le mec est plus porté sur le nombre de chansons que sur la qualité. Sortir un EP pour un mec ça doit être quand même frustrant, ce serait comme un écrivain qui n'arriverait qu'à sortir des nouvelles, l'impression que le talent est limité. L'album est un roman, on s'y engouffre, on en sort transformé, un EP c'est trop court, des nouvelles aussi, un court-métrage aussi, mais à choisir entre un EP parfait et un album inégal, oui enfin vous voyez.

02- You, Aurora, You, Seaside
09- Born Slippy (Nuxx)

mercredi 3 septembre 2008

il faut occuper les occupés

ou peut-être que c'est ça ? les occupés sont tellement occupés qu'ils n'occupent même plus le web.

(ce que j'ai toujours aimé chez les occupés je crois que c'est le non-sérieux. je trouve ça vraiment admirable. sauf quand je lis des commentaires parfois, par exemple, sur mes articles un peu exécrables, d'accord : là je me dis que tout le monde n'a pas assimilé ce même principe de non-sérieux. et je finis par me demander si je n'ai pas vachement interprété. et la question se pose réellement quand il n'y a plus d'article ici depuis des mois, comme si c'était tellement sérieux qu'il fallait un truc super intelligent à dire pour poster. il ne s'agirait pas non plus de faire n'importe quoi. on a toujours ce même problème avec l'anarchie, ah ! "je fonde la première société anarchiste qui fonctionne : c'est moi". ce qui me ferait bander si j'étais Kant ce serait de me citer dans les dissertations, et de me faire dire ce que je veux.)

il est temps de vous présenter la plus grande chanson de tous les temps. OVER AND OVER, album "high time" des MC5 (il faut aussi écouter Skunk), 1971. je crois que le grand cliché sur cet album c'est qu'il marque la fin des MC5, qu'ils ne sont plus vraiment au top de leur forme, après "kick out the jams". mais sans aucun contexte, moi j'entends cette musique et je la trouve très puissante. peut-être un peu grossière. et ce contexte m'émeut. je pense à ces types qui ont écrit cette chanson et qui l'ont jouée, et ils y ont forcément consacré du temps, je trouve ça vraiment touchant. mon côté bon enfant bon public, parfois tout m'émerveille. mais surtout over and over et skunk aussi.




l'alarme du premier mercredi du mois - Paris, 12h10, 3 septembre 2008.

samedi 21 juin 2008

l'effet d'un éventail élaboré à partir d'une copie double



Vous avez vu, le soleil est vraiment très bien programmé, pile au moment où c'est l'été il nous sort son petit cul tout jaune. certains s'en réjouissent et roulent des hanches en Havaïnas sur les trottoirs mous de Paris tandis que d'autres beaucoup plus déprimés préfèrent rester chez eux pour ne pas risquer de croiser ces premiers, stores fermés, connexion wifi et Sprite Zero à portée de main.
Qui que vous soyez, je pense avoir une partie de la bande-son de ces prochains mois. Ecoutez moi bien

Au même titre que votre corps qui s'émancipe de votre joli pull bleu marine vos oreilles elles aussi ont droit à des choses plus estivales que du Joy Division, c'est pour ça qu'aujourd'hui je viens vous apporter la bonne nouvelle d'un album aux plages (ah ah) plutôt inégales mais dont certaines méritent vraiment votre attention,
cet album s'appelle Twenty One, comme l'âge de la majorité aux Etats-Unis,
le groupe : MYSTERY JETS,
des coiffures de merde, des clips trop rigolos, une pochette qui claque, un délire powerpoplol convenu et vu sur tout le monde mais que voulez vous, une bonne chanson est une bonne chanson, même jouée par un groupe qui risque de mourir dès demain.

C'est doux avec la peau, ça parle d'amour juvénile, ça fait plaisir à tout le monde même aux plus aigris d'entre nous
avec une boîte de cornet pistache chocolat, une paire de lunettes en toc H&M et une pile de livres de poche méticuleusement choisis votre été devrait normalement bien se passer.



jeudi 15 mai 2008

le sable n'existe plus



I
j'ai écouté l'album de MGMT pendant plusieurs jours sur un cd gravé, c'était plaisant, j'ai éprouvé diverses choses, j'ai réussi à ne pas les écouter en pensant au buzz, en pensant à l'autocollant promotionnel, les 4 premières chansons valent vraiment leur pesant de riz aux vermicelles mais je serai raisonnable et je m'arrêterai là pour ManaGeMenT (j'ai dû attendre de lire l'article sur Chronicart pour comprendre qu'il s'agissait d'une abréviation), ça m'a d'ailleurs donné des idées de noms de groupe, si un jour j'en ai un je l'appelerai TKT, pour T'inquiètes, toi même tu savais.
Avec les 10 euros et des paillettes que ça me faisait économiser j'ai acheté l'album de Crystal Castles pour environ 13,99€ au Virgin Megastore de la Défense vers les 17h30, cheveux bouclés et t-shirt rayé si tu passais par là, c'était bien moi.

CRYSTAL CASTLES
c'était il y a un peu plus d'un mois, je devais être en train de préparer mon sandwich pour le midi du lendemain, à la radio l'émission des musiques électroniques sur France Inter, le nom m'échappe, un titre passe, il traverse mon oreille distraite jusqu'à me prendre par surprise et m'émouvoir un peu. en temps normal je suis du genre à éteindre violemment la radio et à couper la parole à celui qui l'a mais exceptionnellement j'ai attendu que la nana prononce le nom du groupe qui passe en espérant qu'elle ne l'a pas fait avant le morceau ou qu'une deuxième chanson ne va pas suivre.
CRYSTAL CASTLES
nom de groupe impossible à retenir, je répète autant de fois qu'il faut les deux mots dans ma tête, je me visualise le truc, des châteaux de crystal, comme celui de Disneyland Paris à 1000 euros tout en crystal de Swarovski qu'on peut admirer dans une boutique qui se trouve dans le château même.
Quelques semaines après on en parle dans technikart, 4 étoiles sur 4, le gros carton, le truc qu'il faut écouté avant que ça arrive dans les colonnes de libération, encore un peu et on aura droit au live sur tracks, des choses comme ça. je n'ai jamais été une fan de musique électronique, je trouve que ça manque de quelque chose, de guitare ou de voix, je n'aime pas la musique qui me fait penser à un cardiographe. Parfois ça me complexe un peu, enfin non plutôt je n'aime pas savoir que mon éclectisme n'est pas si éclectique qu'il le prétend et qu'il est même franchement borné voire sectaire. enfin bon, je fais mon possible, je suis prête à sortir les billets, à me laisser impressionner, je suis finalement quelqu'un d'assez tolérant.

II
une fois chez moi, le cd déshabillé de son cellophane m'a fait pensé qu'à notre époque on peut ouvrir une boîte de thon en moins d'une seconde mais que pour les CD ça reste toujours une guerre qui mobilise ciseaux maped et ongles rongés. mais c'est finalement une des dernières joies réservées aux gens qui achètent encore des CD, l'impatience qui augmente, le CD qu'on fait tourner dans tous les sens à la recherche d'une issue possible, le cellophane qui s'enlève en un morceau, le disque neuf légèrement trop bien enfoncé dans sa matrice.
j'ai retrouvé cette chanson passée sur france inter, elle s'appelle Crimewave et est bouleversante, vraiment classe, comparable au "Night Drive" des Chromatics, un souffle froid et féminin, une tristesse robotisée, un morceau plein d'humilité, dépouillé, le pied blanc et tordu d'une fille qui souffre dans ses étroits talons, un building en hiver, un glaçon amer. Elle chante la mâchoire tiraillée par l'idée de la mort.
CRYSTAL CASTLES

http://myspace.com/crystalcastles

vendredi 25 avril 2008

la pop et la violence



l'album Doolittle des Pixies se divise, un peu à la manière de ceux des Vines, de deux façon : chansons pop/rock parfaites qui te démontent sur place et qui n'ont rien à envier à un "where is my mind?" beaucoup trop souvent écouté, et de l'autre côté les chansons bourrines trop insupportables.
j'ai rarement aimé que partiellement un album, le plus souvent les quelques chansons un peu plus faibles que les autres arrivent tant bien que mal à s'imposer et à plaire ne serait-ce que parce qu'elles sont attendrissantes, mais là, entre deux chansons chialantes on a le droit à un massacre pour tympans. je suis juste incapable d'aimer la musique trop bruyante à part peut-être l'album "Toxicity" de System of a Down (lol).

la tentation de noter chaque chanson de Doolittle est trop puissante, ah je craque,

1- Debaser - 4,5/5
2- Tame - 1/5
3- Wave of Mutilation - 3/5
4- Bleed - 4/5
5- Here comes your man - 4,5/5
6- Dead - 2/5
7- Monkey gone to heaven - 3,5/5
8- Mr. Grieves - 4/5
9- Crackity Jones - 0/5
10- La la love you - 5/5
11- No. 13 Baby - 1/5

12- There goes my gun - 2,5/5
13- Hey - 6/5
14- Silver - 1/5
15- Gouge away - 1,5/5


vendredi 18 avril 2008

the winning days are gone



Si la période de mes 12-14 ans devait se résumer à une musique, à un album, à un groupe et à des clips elle prendrait vite la forme d'un V suivi d'un I d'un N d'un E et d'un S.
C'est très par hasard qu'à l'époque de mes 12 ans je découvre le groupe de Craig Nicholls, je m'en souviens comme d'un premier rendez-vous galant : on était au restaurant avec des amis, à la télé MTV, à la télé le clip de "Ride" des Vines, je fais mine de ne m'y intérésser qu'à moitié et pourtant c'est la première fois de ma vie que je ressens la classe d'un groupe me gicler violemment à la gueule, c'était souvent la même impression, on écoute une chanson rock et on se dit que toute cette musique s'y trouve résumée dedans, un peu comme le courrier des lecteurs zelés de Rock&Folk qui tente de la définir un peu bêtement en commençant leur phrase par "Le rock en 2008 c'est..."
Moi je sais juste que le rock en 2005 c'était The Vines et rien d'autres, c'était une époque où mon rapport à la musique était obsessionnel, j'aimais un groupe, je n'aimais que lui, les autres pouvaient bien aller se faire foutre, l'éclectisme et la culture avec.

Le groupe m'initie malgré lui à une sorte de parcours musical initiatique, dans un premier temps c'est comme ça que je découvre, à 12 ans, toute seule, ma première petite grande salle parisienne : l'Elysée-Montmartre, j'apprends des mots "pogo", "slam", je vois de près pour certainement la première fois de ma vie une guitare électrique (que j'arrive enfin à distinguer d'une basse) et même une batterie, j'achète mon premier t-shirt de concert, bien coupé en plus, qui me vaudra d'être remarquée par un paquet de 3ème de l'époque et surtout : un mec en débardeur rouge qui par sa beauté, ses cheveux longs, sa transpiration, son talent, son inaccessibilité me fait souffrir, on pourrait appeler ça "le complexe de la fosse", cet anonymat qui fait mal, l'adoration frustrée, l'impossibilité de glisser à l'oreille du chanteur le nombre considérable de fois qu'on a écouté ses albums, je l'ai ressenti jusqu'à très récemment durant tous les concerts auxquels j'assistais, maintenant ça s'est calmé, ça a même disparu.
Deuxièmement, avec les Vines je découvre le magazine Rock&Folk, une nana sur un t'chat m'avait dit que le groupe y faisait la couverture, je dis à ma mère de m'acheter le numéro et je me retrouve avec les Pixies au lieu des Vines, je lis quand même la revue et finis par la troquer par mon habituel Rock Mag.
Mais avant d'être une initiation aux endroits où se passe la musique, petite salle comme magazine, The Vines c'est aussi 3 albums, un premier album éponyme et parfait acheté 18€ avant le deuxième qu'un garçon de ma classe m'avait offert pour mes 13 ans et qui possède le livret de paroles le plus chiffonné de toute l'histoire de mes CD. Leurs chansons peuvent se diviser en deux parties qui se valent : les chansons très émouvantes où Craig Nicholls oublie de crier et se réconcilie avec la vie et les autres, celles où ils roulent des yeux et où on arrive même plus à compter les figurants dans les clips.

Je peux dater la fin de ma relation avec le groupe le jour où un grand ami de l'époque me dit sur MSN qu'il vient de consulter leur site officiel où l'on apprenait que Craig Nicholls était atteint d'épilepsie et qu'il n'y aurait donc pas d'album avant longtemps, avec cette nouvelle un peu triste je découvre dans la rubrique "videos" le clip bouleversant "Winning Days" réalisé par Michel Gondry où l'on retrouve le groupe reposé et jouant dans la nature, ensuite j'étais déjà passée à autre chose pour consacrer 15€ à un Craig Nicholls jouflu et que j'imaginais médiocre, qui passait d'une pochette multicolore et enchanteresse, à un fond noir et paresseux. C'était les Vines.


le clip parfait en attendant les mp3

mercredi 9 avril 2008

"ON VA T'AIMER SANS CONDITIONS"



Il s'appelle Alister, physiquement il serait proche d'un croisement entre un membre du groupe Phoenix qui se serait laissé pousser les cheveux et Jésus Christ, il porte des polos et des vestes en cuir, il pratique l'autodérision seulement quand ça le rend beau, on lui en veut pas de se la péter parce qu'il a tout les droits tellement ses chansons sont fun, et puis qu'est-ce que le talent si on peut même plus crâner? Il s'appelle Alister, il chante en français des trucs déprimants sur des mélodies festives, c'est un chanteur désabusé donc générationnel, c'est le Elli & Jacno 2008, le Damien Saez de ta petite soeur, le seul qui puisse résumer ta vie en moins de quatre minutes et dans la seule langue que tu puisses comprendre. En attendant d'acheter son album et parce qu'il est introuvable sur les plates formes de téléchargement illégal tu peux regarder son clip en boucle, forcément.
La chanson s'appelle "Qu'est-ce qu'on va faire de toi?" et me rappelle le "Soirée disco" de Boris. Azi écoute et essaye de ne pas trop pleurer.

dimanche 23 mars 2008

lol




"quel est ton chiffre préféré?
que signifie-t-il?
quel est ton chiffre préféré

que signifie-t-il?"

avec These New Puritans le rock devient ludique

Numerology aka Numbers




jeudi 28 février 2008



Enfin un mec comprend qu'un concert c'est aussi et surtout un spectacle, qu'il faut une part d'imprévu et beaucoup de théâtralité. Ca faisait très longtemps que j'avais pas payé ma place, bougé mon cul à un vrai concert, fait la queue avec tous les étudiants qui t'attendent au bout avec un bon paquet de flyers que je finis toujours par utiliser en marque-pages.
j'étais toute seule, je me souviens pas être déjà allé à un concert avec quelqu'un, j'imagine que ça continuera comme ça encore longtemps. Je me souviens avoir pensé que les premières parties ne devaient jamais excéder une chanson, qu'au delà ça donnait déjà l'impression d'être interminable, j'ai remarqué les clefs accrochées autour des cous de toutes les musiciennes de Jens Lekman, ça confirmait l'impression qu'elles donnaient d'être des anges, je sais pas si elles pouvaient faire autrement que de sourire pendant qu'elles jouaient, c'était vraiment miraculeux, tellement miraculeux que je me suis sentie vibrer comme un portable et puis ma vue s'est floutée, j'ai dû fermer les yeux pour ravaler mes larmes sinon c'était la honte sur ma famille. En temps normal je déteste les concerts et au bout de la deuxième chanson je commence à regarder ma montre, mais là c'était autre chose et ça avait l'air d'être important, comme si toutes les sensations que procurent l'amour étaient comprimées dans une poignée de chansons, urgence, jouissance, révélation et très très profonde tristesse. Trop sonnée je suis partie sans même regarder s'il y avait un stand t-shirt.
En rentrant j'ai mangé comme un petit porc, à la radio ça racontait qu'un groupe de chercheurs anglais s'est vu attribuer une bourse de 2 millions de livres qui devrait leurs permettre d'expliquer pourquoi les gens ont besoin de croire en Dieu. Ouaip

mercredi 23 janvier 2008



je me suis souvenue de ce groupe juste avant de m'endormir pendant ma sieste d'après-midi, le spectre des chansons raisonnait dans ma tête et ne demandait qu'à se combler par une réécoute prolongée de l'album.

on enfile le Cd dans la chaine hifi, petit moment de flottement, l'engrenage est enclenché et par la même occasion je retrouve des images délavées de ma vie, sans nostalgie mais juste avec beaucoup de sympathie et d'amusement.
c'est du rock héroïque Biactol, le mec a une voix d'ado idiot, mais le matin après une nuit dégueulasse et 2h30 d'anglais qui vous attendent ça peut se révéler salvateur.

1) Head Games
(plus de titres à venir, ça bug un peu sur soulseek)



mardi 22 janvier 2008

elle porte une frange sur son front



c'est le petit bijou doucement sorti des eaux marécageuses du net, le morceau qui vaut tous les albums et intégral d'artistes qui sont en train de se télécharger sur mon BitTorrent.
C'est une fille qui tient son micro et qui chante d'une voix triste des choses en anglais, c'est une chanson de la nuit, un truc à écouter dans une voiture ou chez soi, de retour d'une soirée, on enlève sa chemise qui empeste le tabac des autres, on se brosse les dents, le jean en accordéon repose au pied du lit, on enfile un t-shirt mou, une fois allongé la fatigue disparait. et normalement, si tout se passe comme chez moi, plus on augmente le son plus les larmes montent.

Chromatics - Night Drive

mardi 15 janvier 2008

achat compulsif

toujours cette même manie, ce même besoin d'acheter des cds et des livres alors que des cds sous blister et des livres sentant encore le livre m'attendent à la maison.
j'anticipe l'avenir : dehors c'est la tempête et Dieu seul sait si un jour la Fnac fera faillite. il faut faire des provisions de Banania et de biens culturels, c'est moi qui vous le dit.

mardi 4 décembre 2007

J'étais là mais je n'étais pas là



Ce qui est rigolo avec les groupes des nineties, c'est qu'on peut dire que j'étais là quand ils sortaient leurs albums et partaient en tournée mais qu'au fond en tant que bébé gavé à l'éternelle et inchangée culture Fischerprice je n'avais aucun moyen de les découvrir. Donc je n'étais pas là.
Je remarque aussi qu'écouter un groupe des années 60 se révèle être moins nostalgique qu'écouter un groupe des années 90. Comme si le passé proche avait besoin de moisir encore un peu pour être réécoutable. Les gens achètent plus d'albums de Pink Floyd que de, disons, Supergrass ou les Pixies.
Tout ça pour finir par parler du groupe Suede, un groupe de pop FM qui à mon avis, sortait autant de bons titres que de mauvais. La première fois que j'ai entendu parler de ce groupe c'était vers mes 13 ans au concert des Killers à l'Elysée-Montmartre (je suis vraiment désolée mais au début les Killers c'était bien), j'étais donc dans la fosse et je tapais la discute avec une nana en attendant de pogoter et elle arrêtait pas de parler de ce groupe, citant des albums, des chansons, les comparant avec tout un tas de groupes actuels. Il aura fallu 3 ans pour que je m'y mette enfin.
Si je devais vous conseiller une chanson ce serait de très loin la gentille mais bouleversante "Beautiful Ones" et son clip à l'esthétique 90's (anneaux aux oreilles pour tout le monde, cheveux ramenés d'un seul côté, rock attitude de pub EDF) mais qui possède déjà les codes d'un clip d'aujourd'hui.
Les autres chansons oscillent entre le kitsch pourpre d'une culture gay assumée qui irrite autant qu'elle peut séduire et des sonorités electro qu'on peut retrouver dans les meilleurs albums de Britney Spears.

Il est donc grand temps de ressortir vos lava-lampe, vos porte-clés tête d'alien et vos chouchous.



lundi 29 octobre 2007

Blondie, ou l'art de "savoir concilier foule et solitude".


Rien de mieux que la musique finalement.
Je réécoute mes anciens Cds, ceux qui ont fait chialer mon adolescence, je fais toujours ça avant de m'en acheter des nouveaux afin de repartir sur de bonnes bases.
Ce matin c'était les Doors dans l'obscurité de ma chambre avec un café froid glissant dans ma gorge, la pluie qui tombe à la fois dehors et dans l'intro de "Riders on the storm", et maintenant c'est Parallel Lines de Blondie qui accompagne mon rangage de chambre.

Y'a quelques jours alors qu'on trainait chez Virgin du côté des groupes en B j'ai conseillé à C. de l'acheter en lui disant que c'était de la musique de meuf et qu'à chaque fois que je me maquillais je le mettais.
Je pense que y'a rien de mieux que Blondie pour se faire belle, avant une fête ça vous motive et vous réconcilie avec la vie.
Blondie c'est le trait d'eye liner sur votre paupière supérieure que vous laissez déraisonnablement dépasser au coin de l'oeil les jours de fête, c'est le rouge à lèvres rouge que vous ne mettez jamais mais qui est là et qui vous attend dans votre trousse de make-up le jour où vous aurez un peu plus confiance en vous. C'est aussi est surtout des histoires légères de mecs qui font chouiner les filles, les premiers contacts avec la mélancolie et la solitude, mais c'est jamais trop grave comme ce soir y'a une mégaboum chez Magalie.

Le parfum écoeurant de la vanille Yves Rocher, une nana portant des bagues sur les dents et qui vous sourit, un pull à "lignes parallèles" H&M, un bout de culotte de la fille assise devant vous en classe. Beaucoup d'émotions.



dimanche 28 octobre 2007

Okkervil River - The stage names





















à chaque fois que je vais acheter un cd je commence à penser à ce que tout le monde prédit depuis des années : la mort du cd.
là je viens de penser à un truc tout con, c'est que le cd était destiné à mourir car depuis qu'il existe on le range dans son boîtier, autrement dit : son cercueil.
...
ah, merde, dans ma tête mon idée avait beaucoup plus de gueule.

bon désolée,

sinon jeudi j'ai acheté un CD chez virgin, celui du groupe OKKERVIL RIVER
rien à foutre d'où ils viennent, rien à foutre combien ils sont, je sais juste que le chanteur est cheum et que leurs clips (enfin j'en ai vu qu'un mais j'aime généraliser bêtement) sont pourris.
Ce qu'il faut dire c'est que :
vous n'êtes pas obligés d'acheter le CD qui est en fait un peu décevant malgré la pochette très artisanale-pop-indé qui présage de bons moments de mélancolie au coin du chauffage, mais il faut absolument que vous écoutiez le tout premier titre qui m'a foutu la chair de poule
ça ressemble à du Arcade Fire et à...et là je me rend compte que j'ai pas assez de culture pour comparer Okkervil River à un autre groupe.

pour l'instant je travaille sur le reste de l'album, y'a toujours quelque chose à en tirer d'un album pas très bien...nan je rigole, je dis juste ça pour me consoler d'avoir payé 13,99€.
13,99€ les 9 chansons ce qui revient à...(je sors la calculette windows) 1,55€ la chanson.
ça va, tout va bien. vive la vie.
je fais forcer sur le baby sitting pour combler le gâchis. lol

ps : ne lisez pas l'avis de l'internaute sur fnac.com, il s'excite trop.
ps2: les mots en gras sont des messages subliminaux pour vous prévenir que c'est bientôt halloween.

Télécharger Our life is not a movie, or maybe

samedi 13 octobre 2007

La pop est suédoise



"pop" et "suédoise" je trouve que ça va bien ensemble. Rien que l'idée que des mecs un peu frêles, pâles et soit très bruns soit très blonds mais toujours avec des yeux très clairs comme le ciel ou comme la mer dans laquelle le ciel se reflète (ce qui revient au même) fasse cette musique à la fois joyeuse, triste et raffinée comme leurs petits visages, me remplit de satisfaction.
Jens Lekman est suédois, chante en anglais sûrement pour vendre plus de disques (nan je déconne, ça se fait pas de dire ça), il est très brun comme sur la photo, j'ai mis quelques temps avant d'apprendre parfaitement son nom et parfois j'arrive à comprendre ses textes, par exemple quand il dit
"Early september and the kids start school
Leaves are floating in the swimming pool
I wish I had a proper reason to cry"

et qu'il me donne, comme il dit, une vraie raison de pleurer.

Sa voix est élégante, proche voir exactement la même que celle de Stevie Jackson de Belle and Sebastian.
Jens Lekman a aussi "le sens de la promenade", c'est à dire que parfois sa voix ne suit pas du tout la musique, comme Morrissey par exemple. S'il a envie de faire des vocalises avant d'attaquer le refrain il le fait, sauf qu'il exagère pas en faisant des "lalalalalala" comme Morrissey. Faut se calmer un peu parfois.

En tant qu'artiste qui fait de la musique, Jens Lekman n'a pas trop confiance en lui, à chaque fois qu'il s'agit de travailler sur l'album suivant il vend ses guitares et annonce qu'il arrête tout, un peu comme moi quand j'ai envie de fermer mon blog quand rien ne vient alors qu'il suffit juste d'attendre des jours plus glorieux.

Pour l'instant je n'ai écouté que son premier album que j'ai gravé sur un CD vierge violet Sony en attendant de le trouver quelque part, je l'écoute tout le temps quand je rentre du lycée, allongée sur mon lit en fixant l'heure sur mon radio réveil, une tonne de devoirs à faire qui m'attend et un dîner au fond du ventre.
Le dernier album ,qui vient de sortir le 8 octobre, a une pochette vraiment belle, le genre de pochette intelligente qui te fait acheter l'album sans l'écouter, bien que je ne l'ai ni acheté ni écouté.
J'attends une date de concert en France pour le voir, les manches de sa chemise retroussés, courber son dos sous le poids de sa guitare, ou de mon poids tiens.

Si vous voulez aimer Jens Lekman commencez par écouter la musique qui est à gauche de ce blog, puis ensuite regardez la vidéo envoûtante qui se trouve dans le lien ci-dessous et aller sur son site officiel, il raconte que Kirsten Dunst le kiffe et qu'on peut le télécharger gratuitement sur n'importe quelle plateforme de téléchargements mais qu'il préférerait qu'on achète ses Cds quand même.



Concert à emporter : Jens Lekman



vendredi 21 septembre 2007

Nouvelle vague 3
























Pas de chronique musicale pour cette fois-ci, juste une idée qui m'est venue en me lavant les pieds tout en écoutant Cat Power (cassdédi à Virginie), peut-être bien la plus belle chanteuse du monde. Pas vrai?


Donc je me disais que j'en avais ras le cul des petites meufs qui chantent des reprises mielleuses de standard du rock comme on a pu en entendre depuis les premières compiles Paris Dernière et l'album Nouvelle Vague. En tout cas pour nous les meufs ça devient un peu relou, et moi j'ai trouvé un nouveau concept, c'est à dire que maintenant les reprises se feront plus par Helena Noguerra et Camille mais par des vrais mecs qui nous susurreront "Girls just want to have fun" à la guitare sèche par exemple, et ce sera beaucoup plus bandant qu'un calendrier de rugbymen parce que nous ce qu'on aime chez les keums c'est pas leur popotin mais bien leur sensibilité, ou une connerie du genre.
Je pense que si un mec d'une quelconque maison de disques me lisait il trouverait mon idée canon.
Prototype de la première compilation :

Jarvis Cocker - Lived in Bars (Cat Power)
Adam Green - One way or another (Blondie)
Pete Doherty (pour le bon buzz) - Searching for Mr Right ( Young Marble giants)
Rufus Wainwright - Luka (Suzanne Vega)
Bright Eyes - Respect (Aretha Franklin)

et puis d'autres chanteurs pour des chansons de Kate Bush, Nina Simone, Siouxsie, Joni Mitchell et Cher aussi. Adam Green a une voix pour chanter I got you babe de Sonny & Cher, nan?

putain j'ai trop d'idées.
Allez bonne journée, je dois aller à l'école.

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